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    artiste émergent… c’est quand au juste?

    je vous propose ce matin un article (en anglais) où on se pose la question sur ce qu’est au juste un artiste émergent?

    l’artiste Damien Davis en parle ici. il y a quelques années une bourse lui a été refusée parce qu’il était sept jours trop vieux selon les spécifications que s’était données l’organisme, qui l’avait d’ailleurs encouragé à envoyer son dossier.

    dans ce monde où on prône l’équité, surtout en art, est-il normal de décider de la pertinence d’un dossier sur l’âge de l’artiste? parfois on commence notre carrière assez tard. ce n’est pas tout le monde qui a fait le bac en arts visuels et le chemin habituel qui s’en suit.

    est-ce que mon travail est moins intéressant pour autant?

    «emerging by 30, mid-career by 40, late-career by 60. If you fall behind, step off, or return later, the system doesn’t know what to do with you.»

    comme si on devait absolument avoir fait une carrière d’artiste sans s’arrêter depuis 40 ans et plus. mais il y a eu la vie, le boulot, la famille, obligations diverses, etc. nous sommes quoi alors? dans quelle catégorie? pourquoi ne serai-je pas une artiste émergente quand j’avais 50 ans?

    pour parcourir et remplir plusieurs dossiers en ce moment, je vois que les spécifications sont parfois très précises: quelqu’un qui a terminé sa formation depuis 7 ans. pas plus, ou pour les artistes n’ayant aucune formation, ça veut dire quoi ça? est-ce qu’un workshop est une formation?

    bref, oui, il faut lire dans le détail les appels de dossier, car c’est du boulot de monter et de rédiger tout ça. mais si on veut que notre travail soit vu, il faut le faire connaître. maintenant suis-je en carrière «du milieu» (mid carreer)?

    «But artists have always modeled other ways of living in time. We change mediums, circle back, recommit. We emerge at 25, at 40, at 70. We resist straight lines. If the art world is serious about equity (as it often claims to be), it has to learn from that. It has to stop equating emergence with youth and start building structures that reflect the multiplicity of artistic timelines.»

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    Debbie dessine le bruit et plus

    j’ai découvert le travail de Debbie Lyddon par un court billet où elle disait dessiner le bruit. j’avais trouvé cette idée bien intéressante. sur son site on peut écouter une courte vidéo sur cet exercice un peu plus bas dans sa page. la narration est en français. effectivement, comment dessiner du bruit? j’ai trouvé cette piste intrigante.

    curieuse comme je suis, je suis allée voir son fil instagram. Debbie est une artiste du textile et dessine beaucoup dans ses carnets. pour le textile, elle explore la matière, les textures, les empreintes et les couleurs.

    son travail sur papier est aussi très fertile. des lignes, un peu d’aquarelle, un pinceau large ou pas, bref, ses carnets sont très garnis. il s’agit souvent de paysages mais aussi des esquisses en vue d’un travail textile. elle a un site personnel bien fourni. j’ai beaucoup aimé parcourir ses carnets. ça commence bien ma journée!

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    livre:«women in revolt!»

    j’avais commandé ce livre de Lynsey Young parce que ça touchait l’art et les femmes. c’est un sujet qui m’intéresse toujours. en le parcourant, j’ai vu qu’il s’agissait en fait d’un ouvrage qui a accompagné une exposition au tate museum (uk) en 23-24. le titre de l’expo était: «women in revolt! art activism in the uk 1970-90». finalement, un sujet assez pointu.

    on traverse dans le livre le profil de plus de 100 artistes femmes qui ont créé des pièces très engagées et c’est surtout ça qui est très intéressant. il y avait beaucoup de politisation et d’activisme à cette époque et pas de réseaux sociaux pour les diffuser. nous n’étions pas si proches de l’angleterre dans nos médias à cette période.

    à parcourir, sous plusieurs chapitres décrivant les mouvements importants, beaucoup de photos de performances, d’affiches faites avec les moyens du bord, du collage, des installations et tout le reste. c’est très riche à regarder car rien ici n’est fait pour le plaisir des yeux, tout doit nécessairement passer un message militant. il y a bien sûr plusieurs textes à lire qui expliquent le travail de chaque artiste. un livre riche pour cette période de l’histoire de l’art féministe.

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    l’éternel bonhomme allumette

    quand j’ai trouvé ces deux billets de Sonja & Gasper, architectes paysagistes sur instagram, cela m’a fait sourire. j’ai déjà parlé de ce duo l’an dernier. avec efficacité et facilité, ces artistes nous aident à passer du bonhomme allumette à quelque chose de plus intéressant en quelques secondes.

    le premier lien est pour passer du bonhomme allumette à quelque chose qui a plus de «corps». on indique les points importants, par exemple les épaules et les hanches. c’est vraiment astucieux. avec un peu de pratique, tout le monde peut y arriver.

    le deuxième lien est comment faire ce bonhomme allumette en mouvement. là encore, ça prend de la pratique, mais le résultat est vraiment impressionnant. encore là, il s’agit de prendre son temps, de bien regarder et surtout porter attention aux points de flexion.

    trop souvent, nous sommes trop confortables à dire qu’on n’est pas bon en dessin. pourtant, c’est comme le reste, il faut y mettre un peu de temps et de patience. c’est comme apprendre à nager ou à faire la cuisine. il faut cuisiner pour être bon en cuisine.

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    livre «moving with a bond»

    ce matin je vous présente mon dernier livre, «moving with a bond». je crois vous en avoir déjà parlé. j’ai fait ce livre pour une biennale de papier en hollande qui aurait lieu l’été prochain. je l’ai aussi fait parce que le sujet m’intéressait, la famille et je voulais voir si un livre d’artiste pouvait faire partie d’autre sphères. je le saurai seulement plus tard cet automne.

    ce livre est sur la famille et l’immigration. pour avoir la version complète, il faut aller sur la page du livre sur mon site.

    cette pièce a pris quelques formes avant d’aboutir à ce que vous voyez. en fait, le livre bouge et se transforme pendant la création. des idées nous arrivent parfois tout juste à la fin. il y a encore une chose que je vais changer. j’avais mis des blocs pour soulever le livre, mais maintenant, je pense y mettre des roches que je ferai en papier mâché. à suivre donc. pas tout à fait fini, mais je viens de faire le boitier.

    j’ai aussi vendu mon avant-dernier «touching the flow» à l’université baylor aux états-unis. ça aussi une bonne nouvelle. mais juste pour vous donner une idée, l’exposition s’est terminée à la mi-mai et je n’ai toujours pas reçu les 60% de la vente. je fais deux livres par année et il faut toujours que je les envoie loin à mes frais pour des expos, sans parler des frais d’inscription. pour faire du livre d’artiste et le diffuser, il faut avoir un minimum de budget.

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    que faire de mes idées

    nous avons beaucoup d’idées. que nous soyons «créatifs» ou non, les idées parcourent notre tête à tous moments.

    dans cet article de Rob Schwartz (en anglais), «Write That Sh*t Down», l’auteur indique que lorsqu’il demande à quelqu’un où sont ses idées, cette personne montre son front voulant exprimer qu’elles sont dans sa tête.

    ce n’est pas la bonne réponse, ni une bonne idée de les garder seulement là. car les idées s’accumulent et le cerveau fait du ménage sans prévenir. oups, des idées, mauvaises mais aussi bonnes, vont disparaitre à tout jamais.

    la solution à ce problème est de sortir nos idées, les bonnes surtout, de notre tête et les mettre sur papier. peu importe comment nous le ferons, une esquisse, des mots, un mélange des deux, un collage, toutes les méthodes sont bonnes. l’idée est de mettre l’information qui sera nécessaire pour que je puisse me relire ou me comprendre. ce n’est pas un concours, personne ne va lire ça. l’important, c’est le lien entre notre idée et nous.

    il est documenté que faire le geste d’écrire, d’annoter sollicite une série de sens qui aide à se souvenir de toutes sortes de façons. de plus, une idée sur papier existe, oui elle existe vraiment, même si on ne la fait jamais. mais elle existe et juste pour ça… j’ai toujours un bout de papier et un crayon avec moi.

    photo de Yonas Bekele